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日志


8月7日

Faut-il tuer tous les enfants ?

 
Extrait de la correspndance personnelle du Professeur S...
 
 
Mercredi 2 aout 2006
 
 
Très chers collègues,
 
Dans le cadre de mon séminaire intitulé "la philosophie à l'usage de la plupart ou comment rendre accessible l'incroyable étendue des intelligences supérieures", je vous ai sélectionné parmi la foultitude d'éminentes éminences de ma connaissance pour organiser régulièrement des débats à portée universelle en vue de publication internautique.
 
Je vous sens déjà frémissant devant vos claviers devant l'incroyable masse de sujets s'offrant à nous, là, à porter des index et des méninges.
 
Peut-être aurez vous, vous aussi, l'audace de lancer quelques pavés dans le marasme de la bêtise crasse du plus grand nombre. Réfléchir sur plusieurs sujet à la fois ne me fait pas peur... J'attends donc vos propositions dans un état proche de la fébrilité.
 
Mais permettez-moi de me lancer le premier vers ces terres encore vierges. Oui je sais : que d'excitation !
 
Il est donc un sujet qui me turlupine depuis peu et qui, s'il ne m'empêche pas de trouver le sommeil, me questionne continuellement quand mon esprit s'offre quelques instant de répit :
 
Faut-il tuer tous les enfants ?
 
Attention, je me dois de vous retenir avant le claquage neuronal vain. Devant un tel sujet, si vaste, si plein de promesse, il faut prendre quelques précautions.
 
Car qu'est-ce qu'un enfant ?
 
Si l'on ne considère que l'âge au vu de la loi, tout individu lambda n'ayant soufflé ses 18 bougies (ou, en cas d'infortune, son unique bougie en forme du nombre 18) est considéré comme un enfant.
 
Mais je vous pose la question : pensez-vous réellement que cette limite légale soit encore d'actualité quand on laisse un jeune gens de 16 ans faire ses premières armes sur un volant, un père ou une mère (ou pis, les deux) cramponné à la dragonne (dragonne qui tend à disparaître d'ailleurs - peut-être cela fera-t-il l'objet d'un autre débat) à ses coté ?
 
A mon sens, la drogue, le sexe, l'alcool et les Etats Unis font trop de mort de nos jours pour que l'Etat se permette de laisser conduire un enfant. Ce serait criminel.
 
Voilà déjà l'âge limite amené à 16 ans.
 
Oui, mais vous me direz peut-être alors, qu'à 16 ans, la puberté fait déjà son office depuis quelques années. Les hormones sont entrées en scène, amenant avec elles peau grasse, boutons d'acné et points noirs, poils pubiens et ainiens (voire même barbeliviens), poitrine et hanches arrondies (pour les demoiselle chanceuses ou ne se destinant pas à une carrière de top modèle anorexique), voix plus grave (même si certaines jouent encore au yoyo et si des exception ont été observées dans le monde de la pop musique), désir sexuels exacerbés devant les pages lingeries de La Redoute (ou des 3 Suisses évidemment)...
 
Non, un enfant se doit d'être purs et glabre. Ce qui tend à porter l'âge limite autours des 13 ans.
 
Pour ma part, je pense que cette limite est la bonne ou quoisiment.
 
Bien sûr il faut préciser que l'étude du génocide infantile ne tiendra pas compte des adulescents ou autre kidultes de tous bords. Même si des traits communs sont à observés (attirance pour les dessins-animés, les bonbons acidulés, les jeux vidéo et les films à gros budget souvent produits pas Besson), ils ne peuvent décemment être pris en référence.
 
Sur ce, je vous laisse réagir à cette première étape, l'heure de ma camomille approchant.
 
Avec tous mes respects.
 
Votre dévoué Professeur S.
 
 
 
Mercredi 2 aout 2006
 
 
Messieurs,

C'est avec joie que j'accueille cette initiative, qui va enfin nous permettre non seulement d'échanger nos points de vues ô combien intéressants, mais aussi de faire partager à la fange qui nous entoure ce que l'on pourrait appeler de manière vulgaire la Vérité.
Car oui, un tel projet ne peut qu'aboutir à de profondes réflexions et de parfaits raisonnements sur le pourquoi, le comment, et le "que faire pour améliorer tout ça ?" de notre monde.

Mais ceci n'est pas notre sujet primaire, et c'est en répondant à ce dernier que nous poserons les premières briques d'un nouveau courant de pensées, que dis-je, d'une nouvelle ère !

Penchons-nous dès à présent sur votre question : faut-il tuer tous les enfants ?

Je vous remercie tout d'abord, cher collègue, d'avoir bien défini le cadre de notre réflexion en proposant une définition précise de l'enfant. Il aurait été trop simple de s'en remettre à la définition légale, car cela aurait de suite entraîné un oui catégorique à la question qui nous intéresse. En effet, porter l'age d'un enfant au-dessus de 13 ans impliquerait d'incorporer à la caste des enfants tout ceux que j'appellerai ici "mobylettes" et autres "scooter". Dans ce cas, le verdict serait sans appel :
- Jury, quel est votre verdict ?
- La mort ! Par décapitation !
 
Maintenant, en abaissant la limite à 13 ans, la réponse ne parrait pas aussi simple.

On pourrait de prime abord penser que cette catégorie est plus un fardeau pour les autres qu'autre chose. Ça crie, ça ne sait pas faire ses lacets, ça croit que les gentils gagnent toujours, ça ne sait pas jouer au poker, c'est incapable d'aligner 2 bières, etc... Aussi, on pourrait par voie de facilité s'emporter à déclamer "libérons-nous de nos carcans, vivons tout nu ! Et abattons-les !
 
"Cette solution n'est à mon sens pas la bonne, car elle imliquerait de suite un dégoût de la vie dès que l'on croiserait une moche au coin de la rue. Et ne nous cachons pas, les moches sont légions.De même abattre les enfants nous priverait de nombreux instants de joie. (Monsieur Dutroux, sortez s'il vous plait. En aucun cas je ne faisais allusion à votre perversité.)
 
De nombreux instants de joie, disais-je.
 
Qui n'a jamais ri devant le ridicule provoqué par un enfant vous expliquant certaines choses? (Attrapez-en un et demandez-lui comment on fait les bébés, par exemple)

Qui n'a jamais ri devant un enfant vous montrant sa cachette à crottes de nez derrière le canapé familial ?

Qui n'a jamais ri d'avoir appris moult blagues et/ou insultes à un enfant, et de le voir s'évertuer à montrer ses nouvelles connaissances à ses parents ? (Rattrapez le même que tout à l'heure, et apprenez-lui à recouvrir la lunette des toilettes de cellophane. Puis renvoyez le chez lui. Rires garantis au moment de la petite commission du papa.)

J'en passe et des meilleures.

Pourtant, permettre de vivre à un enfant, c'est assurer la survie de l'espèce humaine. (au-moins jusqu'à ce que l'Iran ait l'arme atomique) Et la mérite-t-elle, cette survie ? Rien n'est moins sur.
 
Le monde court à sa perte sous l'influence de l'homme, et abattre les enfants pourrait lui permettre de retrouver un quelconque second souffle, ou dans le pire des cas, abrégerait ses souffrances. Mais je m'égare et m'oriente ici vers un autre sujet.
 
Bref, à ce stade de ma réflexion, j'en viendrais à dire qu'il faut permettre de vivre aux enfants. Par contre, il faudrait abattre les parents avant qu'ils ne le deviennent (parents j'entends.)

Messieurs, je vois que mon quota de temps arrive à son terme, donc avant d'aller plus loin (si besoin est), je vous laisse réagir à votre tour.
 
Professeur F.
 
 
Lundi 7 aout 2006
 
 
Chers confères et néanmoins très estimables esprits supérieurs, permettez-moi de vous saluer humblement.
 
Pour commencer ma réflexion, je rejoindrai le professeur F sur un point crucial : à notre niveau de développement intellectuel, ne pas instruire la fange qui nous entoure serait, plus encore que de l'égoïsme, de l'inconscience. De ce fait, bravo à nous pour ce geste glorieux car oui, en effet, nous avons décidé bénévolement de mettre notre savoir réflexif au service du monde.
 
Je pense ainsi que je me dois de commencer mon intervention comme ceci: gloire, gloire, gloire.
 
Voila qui est fait et je crois que c'était important.
 
Ceci dit, laissons le devoir de coté pour nous consacrer à cette réflexion essentielle que le
Professeur S a eu l'amabilité de nous soumettre (comment n'y avons nous pas pensé avant!!!) : Faut-il tuer tous les enfants ?
 
Tout d'abord je voudrais apporter mon grain de sel à la définition (vous me connaissez, je suis incorrigible). En temps que féru d'économie, je me dois chers collègues de souligner un point: d'après mon expérience, un enfant est un être inutile. Donc comment le définir ?
 
Et bien ma fois c'est très simple et je proposerais de raisonner en deux temps.
 
Tout d'abord des l'age de 4/5 ans, un enfant est tout a fait capable de coudre un ballon de football, de tenir un fusil, de ramasser des cannettes en acier dans la rue bref, il est productif.
 
Un enfant serait donc un être humain de moins de 5 ans.
 
Mais, du haut de vos esprits supérieurs, vous ne manquerez pas de me rappeler que j'ai parlé de deux temps. Certes. Ainsi donc voila le second temps de ma réflexion.
 
Des l'age de 7 ans, l'enfant acquiert la raison. Il est vulnérable a la pub, aux émissions de jeunesse, veut une Playstation, trouve Arthur rigolo, mange plus, dort plus, exige plus... il redevient un enfant, a savoir un amas de chair nuisible et infectieux: inutilisable a moindre coût.
 
Cette période tragique dure heureusement peu. Vers l'age de 10 ans, il est certes un peu foufou mais il pousse à merveille les chariots de nos mines. De plus il est encore facilement maîtrisable.
 
Vers 13 ans, et je rejoins donc mon éminent collègue le professeur S, Boutons, scooter, et pulsions sexuelles le sortent définitivement de l'enfance.
 
Ainsi donc pour ma part, je dirais qu'un enfant est un individu dont l'age est compris entre 0 et 5 ans ou 10 et 13 ans, ceci pour des raisons économiques liées à son développement propre.
 
Maintenant faut-il les laisser vivre ? Je crois qu’il se pose une question plus fondamentale encore : Pourquoi les laisser vivre?
 
Puisqu'ils éclatent au moindre impact, puisqu'ils fondent à la moindre radiation, puisqu'ils cassent à la moindre gifle, c'est qu'il doit y avoir un bonne raison, la nature est si bien faite pourquoi la remettre en cause ?
 
Je pense également que la CAF ferait des économies, qu'on pourrait se passer des pédiatres, de Walt Disney, des Happy-meal, de petit bateau ( quoique y a des culottes en cotons qui ne me laissent pas de marbre je dois l'admettre mais passons), des couches, des poussettes (mais si, tu sais ces petites culottes avec de tout petits nœuds sur le devant et avec... Je m'égare...).
 
Et l'humanité dans tout ça (comme le rappelle intelligemment le professeur F) ?
 
Et ben on s'en fout, on ne peut pas réfléchir à tout en même temps et j'ai envie de dire : débarrassons-nous des enfants d'abord et on verra après!
 
Zut a la fin !
 
Votre très dévoué professeur B
 
PS: Vers 40 ans, lorsque l'homme veut passer son permis moto, faire le tour du monde, quitter son travail, prendre une maîtresse, se mettre au sport, se faire pierser les oreilles... ne redevient-il pas une nouvelle fois un enfant?